Le civisme, socle du fédéralisme

Le 28 mai dernier, à Bâle, j’ai remis, au nom de la Fondation ch - Fondation pour la collaboration confédérale que j’ai le plaisir et l’honneur de présider- le Prix du Fédéralisme au projet easyvote de la Fédération suisse des Parlements des jeunes. Un choix qui coïncide avec une revitalisation de ce prix, créé en 2014 et qui repose désormais sur un appel public aux candidats, doté de 10 000 francs. Un choix, surtout, qui met pleinement en évidence le lien fort et direct qui unit civisme et fédéralisme. Le but d’easyvote, initié à Kôniz au début des années 2000, et repris par la Fédération suisse des Parlements des jeunes en 2011, est simple: encourager, accompagner et faciliter la participation des jeunes citoyens à la vie politique, celle de leur commune, de leur canton et du pays. Ceci en réalisant - et en diffusant avec le concours de déjà plus de 530 communes suisses sur 2172 -des brochures d’information plurilingues, neutres dans leur ton mais rédigées dans un langage jeune et actuel pour être le plus compréhensibles possible.

Un effort d’accessibilité et d’explication qui est aussi fourni pour les votations fédérales et cantonales à travers la plateforme easyvote et l’application «votenow». Ce n’est pas une entreprise spectaculaire. Son impact reste difficile à mesurer. Mais ce travail est remarquable à plus d’un titre. Réalisé pour des jeunes par des jeunes avec le concours d’un réseau de quelque 200 bénévoles dans le pays, il a déjà une dimension de solidarité et d’entraide dans un moment où les replis sont nombreux.

Et puis, et c’est pour moi l’essentiel, easyvote mise sur l’intelligence démocratique. Quand débat rime trop souvent avec pugilat, quand il semble plus important, notamment sur les réseaux sociaux, de faire taire l’autre plutôt que de l’écouter, voilà un projet qui table sur la compréhension et les choix raisonnés. En agissant ainsi, tous ceux qui portent easyvote sèment des graines éminemment précieuses pour le fédéralisme, dont l’essence même est la coopération et l’entente entre communes, cantons et Confédération. C’est en connaissant nos institutions, en les respectant et en les utilisant qu’on protège un fédéralisme vivant, basé sur la subsidiarité, protégeant les minorités, au cœur du «miracle suisse». Merci à easyvote d’y contribuer et félicitations.

Quand débat rime trop souvent avec pugilat, quand il semble plus important, notamment sur les réseaux sociaux, de faire taire l’autre plutôt que de l’écouter, voilà un projet qui table sur la compréhension et les choix raisonnés. Pascal Broulis, conseiller d’Etat.